Prix Auto Environnement 2018 & questionnements

Ah la voiture… Vaste sujet source de beaucoup de questionnements lorsqu’on s’intéresse un peu à l’écologie et qu’on cherche à réduire son impact sur l’environnement. De mon côté, travaillant à la maison, je m’en suis passée pendant un temps, bien que vivant à la campagne. Après que ma première voiture ait rendu l’âme, j’ai essayé de m’organiser en fonction de monsieur, profitant de la sienne le soir lorsqu’il rentrait du travail. Mais je dois l’avouer, c’est assez rapidement devenu ingérable donc j’ai décidé de me re-véhiculer.

La voiture et son empreinte écologique sont un sujet que je maîtrise peu et sur lequel j’ai moi-même de nombreuses interrogations. Interrogations qui ont en partie trouvé leurs réponses il y a deux semaines, lors de la remise du Prix Auto Environnement 2018. Créé en 2005 par MAAF Assurances, ce prix distingue les véhicules et les innovations technologiques considérés comme les plus représentatifs des efforts réalisés par les constructeurs automobiles et les équipementiers pour préserver l’environnement. Le Grand Prix récompense le modèle le plus apprécié par le jury, et il est décerné parmi les modèles lauréats dans les cinq catégories suivantes : Citadines, Compactes, Familiales – Routières, SUV – Monospaces et Utilitaires. En outre, un Prix des Technologies d’Avenir récompense un projet précurseur dans les domaines de l’automobile et de l’environnement.

Jeudi 7 juin 2018, MAAF Assurances a donc annoncé les résultats de la 14ème édition du Prix Auto Environnement MAAF. Étaient présents, bien sûr, les constructeurs récompensés mais aussi toute une équipe de journalistes et spécialistes de l’automobile composant le jury (11 membres au total), à qui j’ai pu poser mes questions (j’avais d’ailleurs sollicité les vôtres sur instagram, que je n’ai pas manqué d’ajouter aux miennes).

La SUZUKI Swift 1.2 Dualjet Hybrid Pack, lauréate dans la catégorie Citadines, s’est vue attribuer, à l’unanimité, le Grand Prix par le jury. Sans rentrer dans des détails trop techniques, son dispositif micro-hybride SHVS vient assister le moteur thermique dans ses phases d’accélération et, de ce fait, optimise la consommation d’énergie du véhicule. C’est là un avantage certain des systèmes micro-hybride, qui équipent déjà les Suzuki : augmentation de l’agrément de conduite, baisse de la consommation et, surtout, des émissions de CO2. Par ailleurs, ce modèle en particulier, a été considéré comme le meilleur compromis tant au niveau du prix que de l’efficacité et de la fiabilité.

Rapidement, voici les véhicules récompensés dans les autres catégories : NISSAN Leaf 2 dans la catégorie Compactes, KIA Optima SW – Hybride rechargeable dans la catégorie Familiales – Routières, PEUGEOT 3008 GT Line dans la catégorie SUV – Monospaces, NISSAN Fourgon e-NV200 dans la catégorie Utilitaires, et MAZDA Skyactiv-X dans la catégorie Technologies d’avenir.

Le palmarès met cette année à l’honneur les principaux modes de motorisation, démontrant par là qu’il n’y a pas aujourd’hui de solution unique au défi environnemental et technologique que les constructeurs doivent relever. Et ça, c’est vraiment quelque chose dont j’ai pris conscience en discutant avec les constructeurs et journalistes.

Avant de vous en dire plus, sachez que les propriétaires d’un des 5 véhicules récompensés, par catégorie, bénéficieront du Pur bonus auto de MAAF, c’est à dire d’une réduction de 100 euros sur leurs premières cotisations d’assurance auto.

Comme dit plus haut, il n’y a donc pas de solution unique. Tous les véhicules ont un impact sur l’environnement, lors de leur construction et tout au long de leur cycle de vie. Autrement dit, la voiture véritablement écologique et 100% propre n’existe pas. La solution? Se contenter du vélo. Mais qui peut réellement le faire aujourd’hui? Peu de personnes malheureusement.

La majorité de vos questions – et des miennes – tournaient autour de la voiture électrique. On entend tant de choses à son sujet qu’il est difficile d’y voir clair. On lui reproche en particulier d’avoir un fort impact écologique avant et après utilisation. Avant, car la fabrication des batteries nécessite de nombreux produits chimiques dont l’extraction est polluante (plomb, lithium – celui-ci étant rare qui plus est -, cadmium…) Après, car le recyclage desdites batteries est également très énergivore. En bref, son niveau de pollution à la fabrication est semblable à celui d’un véhicule « classique ».

Elle a tout de même un avantage non négligeable : elle ne pollue pas lorsqu’elle circule. Elle dispose en effet d’un moteur plus propre, qui lui permet de ne produire aucune pollution. L’impact local sur l’air et la santé est donc indéniable à ce titre.

Mais (oui parce qu’il y a encore un mais), reste la question de la source de l’électricité. C’est principalement le nucléaire (à 75% en France), qui sert à recharger les batteries des voitures électriques. Une avancée serait qu’elle soit intégralement issue de sources renouvelables mais je crois que c’est quelque peu utopique… D’autant qu’encore une fois, aucune solution ne me paraît propre à 100%. Imaginons des champs entiers d’éoliennes ou de panneaux solaires, destinés à fournir l’électricité. Quid du recyclage des panneaux solaires qui pose le même problème que celui des batteries? Quid du béton formant le socle des éoliennes qui est hautement polluant à produire?

À vrai dire rien n’est simple, et plusieurs experts considèrent que la voiture électrique ne fait que délocaliser la pollution autour des mines d’uranium et de lithium, des centrales nucléaires et des sites de stockage de déchets radioactifs.

Le jeu en vaut-il la chandelle? Je reprendrais même une question légitime posée dans cet article : tous ces reproches faits à la voiture électrique ne reviennent-ils pas à déplacer un problème général (la production d’énergie) pour l’imputer à la voiture elle-même?

Finalement, je crois surtout qu’il est opportun de raisonner au cas par cas, en fonction de l’utilisation de tout un chacun. La question à se poser serait donc celle-ci : par rapport à l’utilisation que j’aurai de ma voiture, quel serait le choix le « moins grave »?

J’ai longuement discuté de ce point avec Philippe Geffroy, PDG de Mazda France, et pour lui il ne fait véritablement aucun doute qu’il appartient à chacun de choisir un véhicule en fonction de l’utilisation qu’il en fait. Vous habitez et circulez en ville? La voiture électrique peut être une bonne solution puisqu’elle n’impacte aucunement la qualité de l’air. Vous faites des trajets domicile – travail plus longs, matins et soirs? Il est sûrement plus judicieux d’opter pour un modèle « classique » doté d’un moteur thermique.

Sachant qu’en la matière, de nombreuses avancées sont faites. Chez Mazda par exemple, ce n’est par pour rien que le modèle Skyactiv-X a été primé dans la catégorie Technologies d’avenir du Prix Auto Environnement 2018. Encore une fois sans rentrer dans des détails trop techniques, il conjugue à la fois l’allumage par compression d’un moteur diesel et l’allumage par bougie d’un moteur à essence conventionnel. En clair, il produit davantage d’énergie à partir du carburant, tout en en réduisant la consommation et diminuant les émissions.

Mais alors si l’électrique ne nous convient pas et si on doit choisir, essence ou diesel?

Je vous aurais très largement répondu essence il y a quelques années, les premiers diesel étant extrêmement polluants et le moteur essence bénéficiant de l’apport d’un catalyseur lui permettant de réduire significativement les émissions. Sauf que là encore, des progrès ont été faits, et l’impact du diesel s’est aujourd’hui « amélioré » (toute relativité gardée bien entendu). Reste tout de même qu’il émet beaucoup d’oxydes d’azote (NOx) mais aussi de benzopyrènes, qui sont des particules fines réputées cancérigènes et suspectées d’être responsables de maladies cardio-pulmonaires…

Et l’hydrogène alors?

Lancés pour la premières fois par Toyota il y a quelques années, ces véhicules sont propulsés par de l’électricité produite à partir d’hydrogène et d’oxygène. Ils fonctionnent avec une pile à combustible (PAC) et ne rejettent que de l’eau au moyen de leur pot d’échappement. Sur le papier ça a l’air assez chouette. Mais le prix l’est aussi, ahem. Sans vous donner de chiffre, ce type de véhicule n’est – pour l’instant – pas à la portée de la majeure partie d’entre nous…

Voilà, ça vous aide beaucoup hein ;-) Je me répète mais si vous devez acheter une voiture, gardez à l’esprit qu’aucun modèle n’est propre à 100% et que le mieux est de choisir un modèle en adéquation avec l’utilisation que vous en aurez.

J’espère que cet article vous aura été utile, n’hésitez pas à partager vos connaissances / infos en la matière =)

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10 petits mots

  1. Maud

    Hello Julie, je trouve que ton article est vraiment bien construit, et effectivement pour la voiture électrique je trouve que tu as bien soulevé le problème, si l’électricité qui est utilisée est produite avec un impact considérable sur l’environnement, c’est peut-être déplacer le problème… Et au final c’est le même débat pour plein de choses, hier j’ai été à la projection du film-docu On a 20 ans pour changer le monde (que je te conseille si jamais tu n’as pas eu encore l’occasion de le voir :D) et c’est la même chose pour le bio par exemple, est-ce vraiment pertinent d’acheter du bio qui vient de l’autre bout du monde plutôt que du local non bio ? Bref, tant de questions si complexes qui mériteraient 12 000 thèses ahah!
    En tout cas je te suis depuis longtemps et commente rarement mais ton article m’a donné envie de te dire bravo pour celui la, et tous les autres ahah :D
    Belle journée à toi

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  2. Amélie

    Super ton article Julie! J’ai justement changé de travail il y a peu, travail qui me générait beaucoup de trajets en voiture et aujourd’hui me déplaçant moins souvent, je me suis demandée si je ne devrais pas investir dans une voiture électrique. Tu as éclairci tous les points que j’avais en tête! Merciiiii :)

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  3. Tam

    Je m’éloigne peut-être un peu du sujet mais pour le transport en ville et la promotion de moyens de déplacement doux (vélo et marche) il y a tout un pan de l’urbanisme qui est ultra intéressant sur comment organiser les villes pour promouvoir le déplacement à pied ou à vélo. La nécessité de compacter les villes et faire un sorte que tous les services soient présents dans le quartier pour éviter le recours à la voiture. Je vous conseille le blog pop-urbain et le site demain-la-ville si ça vous intéresse :)

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    1. Chicetresponsable

      Je suis d’accord avec toi! J’habite à la campagne et j’ai souvent voulu me déplacer en vélo pour aller d’un village à l’autre. Malheureusement, le risque d’accident est trop grand. Nos routes sinueuses, sans aménagement pour les cyclistes, sont trop dangereuses!

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  4. Chicetresponsable

    J’ai souvent vénéré l’électrique en passant par les panneaux solaires et les éoliennes. Je suis une fan inconditionnelle de Tesla! Et puis, j’ai appris que l’éolien et le solaire nécessitaient la présence de terres rares dont l’extraction est catastrophique pour l’environnement… Je trouve tellement dommage que nos progrès soient si lent dans le domaine de l’énergie :/
    Merci pour ton article. Je ne suis pas une experte en automobile et j’y ai appris des choses!

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  5. lespetitspiedsdanslesgrands

    Bonjour Julie,

    Merci pour cet article ! J’ai une voiture électrique, Zoé, depuis bientôt 3 ans, et mon contrat de location longue durée arrive bientôt à terme. J’en suis contente, vraiment. Mais je suis indécise pour la suite, pour plein de raisons. D’abord, le gros avantage que j’avais eu à l’achat était la prime de reprise d’un diesel de plus de 10 ans. Enorme avantage, puisqu’il faisait baisser considérablement la facture mensuelle. Mais évidemment, je n’ai plus de vieux diesel à faire reprendre ! Adieu la prime à la conversion, la facture devient beaucoup trop salée pour moi et fait perdre à l’électrique son avantage économique (bien réel avec la prime).
    Et puis, comme tu le soulignes, il y a la question de la source d’énergie….
    Et puis, le souci de l’autonomie de l’électrique fait que ce n’est pas notre voiture familiale pour les trajets un peu plus longs. Ce qui est dommage, puisqu’on se retrouve avec deux voitures « chères » à la maison, alors qu’on n’en a pas réellement besoin. Si je fais pas mal de trajet pour le travail, mon mari, lui, en fait très peu.
    En gros, pour bénéficier de la prime à la conversion (qui existe aussi pour les hybrides), j’envisage même d’acheter un vieux tacot polluant pour quelques mois. Et probablement nous tourner vers une hybride ensuite, qui fera voiture familiale. Encore pas mal de questions en suspens…

    Si certains ont des questions au sujet de l’électrique, n’hésitez pas !

    Bonne journée !

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  6. Céline Marec

    Bonjour, merci pour cet article qui m’a appris beaucoup de choses et qui m’a rassuré (j’utilise beaucoup le vélo mais j’ai aussi une voiture diesel…). Je pense que la solution ne se trouvera pas dans les nouvelles technologies des voitures mais dans une réduction des déplacements des gens (en nombre et en kilomètres) et dans la densification des lieux d’habitation (pour limiter les déplacements). À bientôt

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  7. Anaïs P.

    Hello Julie !

    Merci pour cet article, cela confirme l’opinion que je me faisais du sujet :)

    La voiture propre, voire même l’énergie propre, n’existent pas. Seule solution : diminuer sa consommation d’énergie (attention je ne dis pas que tout le monde devrait se mette au vélo, on est d’accord que c’est impossible). Ça me fait penser au mouvement zéro déchet : le « bon » déchet n’existe pas, mieux vaut s’attacher à diminuer les déchets lorsqu’on le peut. Pas facile facile tout ça, il faudrait éveiller les consciences :)

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  8. AGATHE

    L’électrique n’est pas la panacée, surtout en ville, je suis étonnée de la réponse à « Vous habitez et circulez en ville? « , le bon choix est de ne pas utiliser la voiture …
    Oui le véhicule électrique n’émettra pas de polluants en ville… mais il prendra tout autant de place sur la voirie, tant en circulation qu’à l’arrêt. La solution c’est le vélo, la marche, les transports en commun. Mais vouloir à tout prix utiliser sa voiture en ville c’est assez égoïste comme choix.
    Ici on utilise notre voiture quasi exclusivement pour aller chez nos parents, si la location pour les week-end était intéressante on aurait depuis longtemps abandonné le fait d’en posséder une, mais c’est équivalent donc on garde la notre.

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