Chronique d’une végétarienne #1 Le commencement

Je suis bretonne, région où l’agriculture est prédominante. Mon père exerce le métier de boucher depuis des dizaines d’années. Le père de mon chéri (avec qui je suis depuis près de 8 ans) est agriculteur et, qui plus est, chasseur. Comment vous dire que je n’étais clairement pas disposée à faire le choix d’une alimentation végétarienne.

Et pourtant, c’est vers cette voie que je me suis doucement tournée depuis fin 2012. J’ai d’abord éliminé la viande rouge, puis la viande blanche et enfin le poisson. Aujourd’hui, je consomme encore rarement du fromage et des œufs mais je m’en détache petit à petit pour emprunter ce que certains qualifient de voie extrémiste, à savoir le végétalisme.

La question est pourquoi? C’est d’ailleurs celle qui revient systématiquement en premier dans une conversation lorsque j’informe mon interlocuteur de mon choix alimentaire. A cela, je réponds souvent par une phrase courte et éloquante, empruntée à l’écrivaine Marguerite Yourcenar : les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis, tout simplement.

La cause animale est mon premier leitmotiv dans le choix d’une alimentation végétarienne. C’est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur et qui me prend littéralement aux tripes. La souffrance d’un animal m’est insupportable, quel qu’il soit. Que ce soit un chaton, un cochon, un lapin ou une truite. C’est comme ça. Je suis quelqu’un de très sensible à la base mais aborder ce sujet de la cause animale me noue douloureusement le ventre, me tire les larmes et peut même hanter mes pensées pendant plusieurs jours.

Et puis, il y a eu la tentative de visionnage d’Earthlings, ce film documentaire américain de Shaun Monson qui montre le traitement des animaux destinés à la nourriture, à l’habillement, aux divertissements et aux recherches scientifiques. C’est simple, je n’ai même pas tenu 15 minutes devant ce film… Les images y sont criantes de vérité sur le sort que nous, êtres humains, réservons aux animaux.

J’ai trouvé quelques citations ici et là que je trouve particulièrement vraies et je pense qu’elles valent mieux qu’un long discours.

« Quiconque tranche avec un couteau la gorge d’un bœuf et reste sourd aux meuglements d’effroi, quiconque est capable d’abattre de sang-froid le chevreau hurlant et mange l’oiseau qu’il a lui-même nourri, est-il encore très éloigné du crime? » –  Pythagore

« Les français ont déjà réalisé que la peau foncée n’est pas une raison pour abandonner sans recours un être humain aux caprices d’un persécuteur. Peut-être finira-t-on un jour par s’apercevoir que le nombre de jambes, la pilosité de la peau ou l’extrémité de l’os sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes d’abandonner une créature sensible au même sort. (…) La question n’est pas peuvent-ils raisonner? ni peuvent-ils parler? mais peuvent-ils souffrir? » – Jeremy Bentham

« Ma mère était convaincue, et j’ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est l’une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine; que c’est une de ces malédictions jetées sur l’homme par l’endurcissement de sa propre perversité. (…) On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas. » – Lamartine

«La grandeur d’une nation et ses progrès moraux peuvent être jugés de la manière dont elle traite les animaux. (…) S’abstenir de viande est d’un grand secours pour l’élévation de l’âme. » – Mahatma Gandhi

« Ce n’est pas parce que les poissons sont incapables de crier que leur mort est moins violente. Ramasser des oiseaux sauvages dans un filet et les noyer lentement, en les plongeant dans l’eau, semble difficilement acceptable et pourtant c’est l’équivalent de la pêche commerciale. Que dirait-on aussi d’une industrie qui installerait verticalement des filets mesurant plusieurs centaines de mètres de hauteur et s’étendant sur plusieurs kilomètres à travers champs et forêts, dans le but d’accrocher au passage tous les oiseaux sauvages, migrateurs ou autres, et les laisserait mourir là? Ce n’est pas parce que cette pratique a lieu sous les mers qu’elle devient acceptable. » – Albert Simon

« J’ai récolté des choux et cueilli des carottes de la terre et j’ai aussi visité des abattoirs ; ces expériences ne peuvent pas se comparer. » – John Robbins

« Plus encore que l’ambiguïté de la situation de l’animal dans la société humaine, l’obstacle majeur à la reconnaissance de ses droits par une loi provient de l’intérêt économique qu’il suscite ; l’animal représente une source de profit si importante qu’on le laisse volontairement réduit à son aspect de produit utilitaire, sans se soucier de sa nature d’être sensible, vivant et souffrant. Les avantages économiques qui naissent de l’exploitation animale vont de pair avec des considérations politiques : la protection de l’animal passe au second rang quand il s’agit de préserver les intérêts de groupes influents. » – Suzanne Antoine

*

Après la cause animale, viennent ensuite d’autres raisons qui me confortent dans mon choix alimentaire, notamment la santé et l’écologie, mais j’y reviendrai dans mes prochaines chroniques.

J’ai décidé de débuter cette série sur le blog, Chronique d’une végétarienne, tout simplement parce que je me rends compte que certain(e)s se méprennent beaucoup sur ce choix alimentaire qu’est le végétarisme. J’y aborderai tous les sujets (les préjugés, mes habitudes alimentaires, mes lectures sur le sujet …) et je vous invite à me suggérer des idées si jamais c’est un sujet qui vous intéresse et que vous souhaitez que j’aborde un thème en particulier.

Prenez soin de vous (et des animaux)
Crédits photos * * *

24 petits mots

  1. Claire

    Je n’ai rien d’autres à dire que : ♥
    Ce sujet m’intéresse particulièrement, il me touche de plus en plus et je suis en pleine remise en question à ce niveau. J’ai hâte de lire la suite, tout simplement.

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  2. ifeelblue

    Je ne connaissais pas cette citation de Jeremy Bentham, je vais essayer de m’en souvenir la prochaine fois qu’on me pose des questions/attaque à ce sujet… Comme toi, d’habitude je vais au plus court, avec exactement la même citation: je ne mange pas mes amis ;)

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  3. Rouge & Moi

    Comme j’aime lire ce genre d’articles :D
    Ca fait du bien de voir qu’on n’est pas la seule personne sur cette terre à s’être poser des questions, à être aller voire plus loin…
    Moi, j’y suis arrivée d’une manière assez particulière, puisque j’ai d’abord décidé de ne plus consommer de produit cosmétique ayant été testé sur les animaux et contenant de la matière animale. Au fur et à mesure, l’oiseau fait son nid, on se remet en question, sur ses choix, ses valeurs, on se renseigne…Maintenant, je suis végétarienne à tendance végétalienne (plus de lait mais toujours un peu de fromage et des oeufs). J’y vais doucement mais comme je vis avec mon compagnon, c’est pas toujours facile, facile.

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  4. momillon

    Petite question d’une curieuse. Le végératisme, je comprends tout à fait, je m’étonne parfois de ne pas avoir déjà franchi le pas. Seulement les végétaliens j’avoue que j’ai du mal a les suivre… Pourquoi le lait et les oeufs? Bien que ça sorte de l’animal, il n’est pas tué pour autant (parce que l’oeuf que la poule laisse, il n’y aura pas de poussin dans tous les cas)… Après oui si tu l’achètes dans les grandes distributions j’imagine que le rendement de la vache ou de la poule n’est pas le même que celui d’une poulette dans sa petite ferme tranquilou. Mais si tu achètes « raisonné » l’animal n’en souffre pas non?! (je ne cherche pas à te faire changer d’avis, hein! juste à ce que tu m’éclaire sur ce point;) )

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    1. esty

      Pour que la vache ai du lait, il faut qu’elle ai un veau et pour que le lait ne soit pas bu par le veau et bien on le retire à sa mère ce qui engendre une grande souffrance pour les deux, puis soit le veau est envoyé à l’abattoir soit si c’est une femelle on le nourrit avec des substituts de lait et elle servira de vache laitière toute sa vie. Donc cela cause la mort et la souffrance dans les deux cas. Pareil pour les poussins, quand ils naissent si c’est des mâles on les tue en les broyant vivants ou on les jette à la poubelle et si c’est des femelles on les garde pour produire des oeufs pendant 4 ans puis elles finissent à l’abattoir.

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  5. Célestine Causette

    Tout pareil. L’idée qu’on puisse faire souffrir un animal me rend malade, surtout pour notre petit confort et un luxe alimentaire pas du tout nécessaire (du moins pour nous, occidentaux, riches, qui avons une multitude d’alternatives possibles dans nos supermarchés hyper (trop) achalandés).
    Dernièrement, j’ai lu « No steak » et « Faut-il manger les animaux? ». D’habitude, je lis le soir dans mon lit, avant de dormir. Là, j’ai pas pu, je me retrouvais en larmes après 3 pages. Je les ai finalement lus pendant la journée, dehors, tellement c’est insoutenable.
    Célestine

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  6. MsOriginalDoll Blog (@MsOriginalDoll)

    Les habitudes alimentaires m’intéressent énormément. J’ai eu des périodes de végétarisme également, mais ayant des manques de fer important, je n’arrivais pas à durer sur le long terme (maximum 3 mois). J’aimerais pour résister et avoir une alimentation qui coïncide avec mes principes et mes valeurs et de l’aide ne serait pas de refus !

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  7. dearblondie

    J’ai beaucoup aimé cet article, ainsi que les citations. Je me dirige petit à petit vers le végétarisme, et plus j’en apprends sur les conditions d’élevage des animaux plus je suis convaincue de mon choix, même si j’aime la viande. Par contre, je ne comprends pas les réactions des gens qui disent que les animaux ne sont que des animaux et que c’est pas moi à ma petite échelle qui changerait les choses. Comme si parce que tout le monde fait comme ça, alors c’est la bonne façon de faire.. L’ouverture d’esprit des gens me déprime vraiment… Bref merci pour cet article !

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  8. Kaycee

    Superbe article qui fait chaud au cœur ! Je ne mange plus de viande depuis 1 an et demi, j’emmerde personne avec, et je reçois encore des « Mais.. Pourquoi? » avec le même ton qu’un « Mais.. T’es débile? » auquel il y aurait tellement à dire, que je ne sais même plus quoi répondre. J’adore ton blog que je suis depuis un moment déjà, et ta chaine youtube. J’ai super hâte de découvrir tes autres chroniques végétariennes :) bisous!

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  9. Julia

    Merci pour cet article !
    J’ai hâte de lire les suivants, m’intéressant de plus en plus à cette grande question qu’est le végétarisme.
    Bisous :)

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  10. Natasha (Échos verts)

    Merci de partager ton expérience. J’ai justement commencé une série d’articles sur les choix alimentaires dans le but d’ouvrir le dialogue plutôt qu’un débat et d’informer les lecteurs au sujet des innombrables raisons qui nous poussent à adopter différents régimes alimentaires. J’ai hâte d’en savoir plus sur ton expérience!

    http://echosverts.wordpress.com/2014/02/06/dis-moi-ce-que-tu-manges-je-ne-te-jugerai-point/

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  11. baudoin

    ca fait bien 1 an que j’ai commencé a m’interesser aux cosmetiques bio ou naturels : youtube, Facebook. et je me rends compte que bcp d’entre « nous » sont végé. je suis curieuse donc me renseigne un peu et en meme tps je n’arrete pas de me dire qu’il faut que j’aie une alimentation plus saine.
    je n’ai jamais mangé beaucoup de viande ou de poisson d’une manière generale, mais j’en mange.
    plus le temps passe et plus je pense essayer de manger le moins possible de produits carnés.

    et c’est vrai, quand je pense végé, automatiquement, je pense a la réaction de mon entourage…les gens n’essaient pas de voir plus loin, ni de s’interroger…celui qui est végétarien (ou végétalien) est une drole de bete curieuse un peu barrée.

    merci pour tout ces partages. et si tu as des ptits trucs à donner quand on s’y met et comment s’y retrouver je pense que cela pourrait etre top pour des gens comme moi.

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  12. Marie - Oh my Blog!

    Bravo pour ces belles résolutions ! Je suis aussi en pleine remise en question alimentaire. Cela fait 2 moi que j’ai complètement changé mes habitudes. Etant donné la manière dont notre société a évolué et cette obsession du rendement qui régit tous nos faits et gestes, je pense que de nombreuses personnes vont ouvrir les yeux peu à peu et remettre en question de nombreuses choses. En tous cas, je vais suivre ton évolution petit à petit via ton blog :)

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  13. Chô

    Je suis pour que l’on puisse choisir son alimentation sans être jugé.
    Personnellement je n’areterais pas de manger de la viande car j’aime trop ça. Même si oui, je suis contre la souffrance animale. On ne peut pas faire grand chose face à l’élevage de masse…
    Ces citations, certes juste, me mettent mal à l’aise : j’ai l’impression qu’elle dis que ceux qui mangent de la viande sont des monstres immondes.
    Or on devrais tous pouvoir accepter et être accepter quel que soit notre alimentation.

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    1. Julie Auteur de l’article

      Si tu avais lu les suites de cette chronique tu aurais vu que je ne suis pour ma part absolument pas dans le jugement. Je suis très ouverte et tolérante à condition que les gens le soient avec moi. Si ces citations te mettent mal à l’aise, tu m’en vois désolée, elles ne sont pas de moi. Il n’en reste pas moins qu’elles sont particulièrement vraies dans leur sens profond, même si la forme est quelque peu abrupte =)

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  14. Ping : Chronique d’une végétarienne #5 « Ta sensibilité te perdra… » | Friendly Beauty

  15. Anne-Laure

    Merci pour cet article. Je pense le faire lire a tous ceux qui me posent les memes questions sur mon changement alimentaire, meme si je doute que les mentalites et leur jugement changent grace a un seul article… Pour ma part j’ai 20 ans et je suis vegetarienne depuis maintenant 6 mois. Je tends cependant vers le vegetalisme car je ne digere pas le lait depuis deja plusieurs annees, je n’aime pas du tout le fromage et j’essaie de reduire au maximum ma consommation d’oeufs. Il m’arrive de faire un ecart de temps en temps pour manger un petit peu de poisson, notamment en repas de famille, mais cela devient de plus en plus rare. J’etais deja tres satisfaite de mon choix au debut, et ma position s’est conforte quand je suis arrivee en Angleterre pour y vivre a la rentree (d’ou l’absence d’accents dans mon message, je suis sur un clavier anglais). Ici tout est vraiment simple pour les vegetariens, le petit V de « suitable for vegetarians » est present partout, que ce soit dans les restaurants ou dans les supermarches. En tout cas j’ai remarque plusieurs changements depuis ma transition alimentaire :
    – deja je me sens plus en accord avec qui je suis
    – j’ai perdu les 2-3 kilos dont je n’arrivais pas a me debarasser, et ce, sans me priver un seul instant
    – j’ai moins de problemes de peau
    – je me suis enfin debarassee de mes problemes de maux de ventre et de nausees qui me pourrissaient la vie plusieurs fois par semaine
    Je viens de laisser le plus long commentaire de ma vie donc je vais m’arreter la ahah. En tout cas merci pour ton blog, que j’ai decouvert grace a la video de Coline. Il est drolement chouette et se trouve deja dans ma barre de favoris :)

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  16. Sophie

    Hello,
    Juste un petit mot pour te remercier pour cet article. Voilà plusieurs mois que je remets totalement en question ma façon de penser concernant la viande, les cosmétique et tout ce qui s’en suit. Si ma transition vers des cosmétiques bio a commencé il y a quelques mois, voilà seulement quelques semaines que je me suis attaquée à ma façon de penser concernant nos amis les animaux. Et même si cela fait donc seulement quelques semaines que je me suis décidée à devenir végétarienne, le film cité m’a de nouveau totalement bouleversé et conforté dans mon choix. Merci aux gens comme toi qui permettent à des gens conditionnés comme j’ai pu l’être d’ouvrir les yeux sur cette ignominie! Des bisous!

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  17. nanuchu

    je suis d’accord mais bcp d’animaux en mangent d’autres, est-ce mal? en donnant des croquettes à notre chat on contribue à la mort des animaux alors comment faire?

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