Chronique d’une végétarienne #4 L’équilibre tolérance, amour et convictions

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Mon amoureux, je l’aime. Lorsqu’il me dit qu’il a envie de faire un barbecue dimanche prochain, je lui dis que c’est une bonne idée et je réfléchis au contenu de mes brochettes de légumes. Ma mamie, je l’aime. Lorsqu’elle me prépare avec amour un goûter pain de mie / beurre / chocolat râpé comme à l’accoutumée depuis plusieurs années, je lui fais un bisou et je le mange. Mon papa, je l’aime. Lorsqu’il m’annonce qu’il ne pourra plus jamais exercer son métier de boucher à cause d’une saleté de maladie affectant ses muscles, je le réconforte.

Être végétarienne et quasi végétalienne ne doit pas rimer avec intolérance et extrémisme Surtout, cela ne doit pas impliquer de se fermer aux autres, en particulier à ceux et celles qui ont toujours une alimentation conventionnelle. Bien sûr, je parle ici de personnes intelligentes, des personnes qui ne vous jugent pas uniquement parce que vous ne mangez pas comme elles. Je vous en avais déjà brièvement parlé dans ma précédente chronique : je vis avec un chéri omnivore. Je respecte totalement son choix tout comme il respecte le mien. J’ai bien conscience qu’il a fait énormément d’efforts ces derniers mois et pour ça, je le remercie du fond de mon cœur. Alors quand il a envie de s’offrir une bonne pièce de viande un dimanche midi, je n’essaie pas de l’en dissuader. Il a parfaitement le droit de se faire plaisir tout comme j’ai le droit de m’acheter un chou fleur violet à 3 euros pièce. Je le répète et ne le répèterai sans doute jamais assez : chacun met ce qu’il veut dans son assiette. Oui j’ai fait un choix totalement différent en ce qui concerne l’alimentation, non celui-ci n’est pas une source de disputes continuelles au moment des repas. Le soir à la maison c’est repas végétalien et ça ne dérange aucunement Monsieur. Bien sûr, je sais pertinemment qu’au fond de lui, il est finalement content de retrouver son entrecôte / bière le lendemain midi avec ses collègues. C’est son équilibre à lui en quelque sorte.

Là où ça commence à coincer pour moi, c’est que je suis parfois tiraillée entre cette envie de faire preuve de tolérance et mes convictions profondes sur la cause animale. Un exemple. Alors que Noël est normalement signe de joie et de retrouvailles familiales, j’en suis presque à redouter cet événement. La faute à cette fichue tradition de mettre du foie gras en entrée… J’ai beau essayer de faire comme si de rien n’était, j’ai beaucoup de mal à contenir mon mal être en voyant tous les convives se délecter de cette « chose » qui est pour moi, l’une des plus abominables de notre gastronomie. Rapidement, mon estomac se noue, ma gorge se serre et mon appétit est coupé pour le reste de la soirée. D’un côté, je me vois mal tenir un discours moralisateur un soir comme celui là. De l’autre, les membres de ma famille semblent tellement indifférents face à la cruauté infligée à ces pauvres bêtes juste pour assouvir leurs papilles que ma douleur tendrait presque à se transformer en rancœur.

Quoiqu’il arrive j’essaie toujours de prendre du recul par rapport à la situation dans laquelle je me trouve. L’important au fond c’est que moi je sois en accord avec ma conscience personnelle, peu importe si ce n’est pas le cas des autres. Parce qu’il faut bien avouer que certaines personnes sont très douées pour se mettre des oeillères quand il faut. Si votre interlocteur fait preuve d’agressivité lorsque vous lui parlez de végétarisme, c’est bien souvent parce que vous le mettez justement dans une posture fort peu confortable, à savoir face à ses propres contradictions… Evidemment, je ne pose là aucune généralité puisque ce n’est pas le cas de tous les omnivores, et heureusement!

Personnellement, je n’ai eu aucune remarque blessante ou agressive de la part des gens que j’aime et j’avoue avoir beaucoup de chance sur ce point. Alors forcément, je considère que cela va dans les deux sens.

Comme je le disais plus haut, mon papa est boucher. Depuis qu’il a commencé à travailler assez jeune il n’a toujours fait que ça. Alors évidemment, j’appréhendais beaucoup mon « coming out ». J’ai mis plusieurs semaines pour me décider et puis je me suis lancée le plus simplement du monde : « au fait papa, j’ai décidé de ne plus manger de viande« . La bombe était lancée. Je n’ai eu comme allié que le silence pendant quelques secondes. Et puis, mon père m’a regardé et m’a dit avec un grand sourire « arf, ce n’est pas bon pour mes affaires ça dis donc! » J’ai de suite compris qu’il s’en moquait éperdument, du moins qu’il acceptait parfaitement mon choix alimentaire. Il faut savoir que j’ai passé bien trop peu de temps avec mon papa. Disons qu’un divorce juste après ma naissance n’a pas facilité la stabilité de notre relation père / fille. Encore maintenant, je regrette de ne pas le voir aussi souvent que je le souhaiterais. Depuis quelques mois, il a commencé à avoir des problèmes de santé jusqu’au moment où le couperet est tombé : « Monsieur, vous ne pourrez plus travailler« . J’ai beau avoir manqué de moments complices avec mon papa, je connais son tempérament sur le bout des doigts : impulsif, très généreux, impatient, et surtout terriblement bosseur. Alors forcément, vous imaginez que lorsqu’on annonce à quelqu’un qui ne peut pas rester en place plus de 10 minutes qu’il ne pourra plus jamais exercer son métier, le moral en prend un sacré coup. Lorsqu’il m’a annoncé cette rude décision, je me suis empressée de le réconforter et depuis j’essaie de l’appeler plus souvent qu’avant. Je ne vois pas ce que j’aurais pu faire d’autre. Me réjouir juste parce qu’étant très sensible à la cause animale, cette décision ne peut être qu’une bonne chose? Evidemment non! Quand je vois avec quelle tolérance il a appris mon choix pour le végétarisme, je ne peux que lui renvoyer l’appareil.

D’ailleurs, ma « tolérance » va même parfois plus loin.

Je vois peu mes grands parents, disons une fois par mois pour les uns et une fois tous les 3 à 4 mois pour les autres. Je noue avec les premiers un sentiment d’affection particulièrement fort. J’ai tellement de souvenirs avec eux que la simple idée de les perdre un jour me donne le fertige. Alors lorsque je leur rends visite et que ma mamie m’a préparé mon goûter préféré comme elle a l’habitude de le faire depuis au moins 10 ans, autant vous dire qu’il m’est tout simplement impossible de lui dire non juste parce qu’il y a du beurre et du chocolat au lait dedans. Elle l’a préparé avec tant d’amour et emballé avec tellement de soin que ça m’en ferait terriblement mal au coeur. Je n’ai pas envie de la blesser, tout simplement. Pourtant, jamais je ne me préparerais un tel goûter moi même, puisqu’il ne correspond plus au sens que je veux donner à mon alimentation. Mais c’est comme ça, je ne peux pas : l’amour que je porte à ma grand mère surpasse toutes mes convictions quelles qu’elles soient.

Bien sûr j’ai mes limites, et même si cela peut paraître quelque peu contradictoire aux yeux de certains, je ne pourrais jamais faire de même avec de la « viande » à proprement parler. Accepter de manger une cuisse de poulet parce que ma grand mère a élevé elle-même le dit poulet, non, je ne pourrais pas. Pourtant, ce poulet a certainement mieux vécu que la pauvre vache élevée dans un environnement industriel qui a « donné » son lait servant à fabriquer le beurre contenu dans le goûter préparé par ma grand mère (cette phrase était définitivement trop longue). Mais c’est ainsi, il y a certaines barrières « psychologiques » que je ne peux pas franchir.

Prenez soin de vous et surtout, écoutez votre coeur…

LOVE

25 petits mots

  1. Fleur 67

    Moi aussi j’adore les légumes cuits à la vapeur ou grillés . Je mange des fruits deux fois par jour et j’essaie de manger le plus sainement possible mais je n’arrive pas à supprimer la viande et le poulet . À la maison ,nous mangeons beaucoup plus de poisson .
    J’espère pouvoir avoir le courage de supprimer la viande et le poulet car en fait ,je n’éprouve plus aucun plaisir à en manger car il n’y a plus de goût avec toutes ces hormones .
    Bravo à celles qui ont été plus courageuses que moi et qui ont enfin réussi !

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  2. Délia

    Comme tu dis on a tous ses propres limites! :)
    J’ai le même cas de chéri qui mange de la viande, mais par contre, le mien refuse de manger des plats sans viande (il est je crois plus carnivore qu’omnivore!), ce qui ne nous réunit jamais autours d’un repas. Je trouve ça un peu dommage sans jamais le lui reprocher, car ce sont mes choix pas les siens qui nous amènent à cette situation.
    En réalité, ton article parle beaucoup plus d’amour que de végétarisme et lie les deux par l’idée de la réciprocité.
    Comme toujours j’aime beaucoup ta chronique d’une végétarienne. Forcément, elle me parle à moi. Mis à part le fait que je n’en sois pas aussi loin que toi dans l’aventure, je me reconnais souvent dans les lignes de tes tes textes…
    Plein de bisous, et ne change surtout rien ♥

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    1. Julie Auteur de l’article

      Merci pour ton gentil commentaire, tu es adorable! <3 Effectivement c'est dommage de ne jamais être réunis autour d'un repas avec ton chéri... Tu lui a demandé de faire un petit effort par exemple une fois par semaine? Ca pourrait aussi être une preuve d'amour de sa part =)

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  3. Amélie

    Quel bel article.
    Je ne suis pas végétarienne, et pourtant, il me touche totalement. Car autant je ne supporte pas la viande de supermarché, et je n’en acheterai plus. Autant ma mamie qui me prépare un steak d’une de ses bêtes, ou un boudin d’un cochon tué par mon papi, je ne peux pas résister. D’une part, parce que c’est préparé par mes grands-parents. D’autre part, parce que je sais comment ont été élevé ces animaux, que quand j’étais jeune, j’ai couru dans les champs avec eux (pour ne pas dire après eux). Du coup, je ne mange que ce que j’appelle de la « vraie » viande peut être qu’une fois par an, mais cela me suffit. Par contre, mes repas de Noël ressemblent aux tiens (mais à cause d’autres sujets)(et du fait que je ne mange pas des 15 plats que prépare ma famille, mon estomac ne supporte pas tout XD)
    Dans tous les cas, j’aime beaucoup ta vision des choses. J’ai eu l’occasion de discuter avec des crudivores qui n’étaient pas toujours très ouverts, et je trouve ça dommage. Car, finalement, avoir une opinion et vouloir à tout prix que les autres aie la même, c’est de l’extrémisme. Et dans un domaine aussi beau que la nourriture, c’est dommage, c’est se couper de bon nombre de choses (au-delà même de la nourriture elle-même).

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    1. Julie Auteur de l’article

      Ravie que tu te sois sentie concernée par cet article Amélie. Effectivement l’amour peut parfois nous faire faire des choses qui contredisent certaines de nos convictions… Quant-à la tolérance, je pense sincèrement que c’est la clef du « bon vivre ensemble », l’inverse ne pouvant qu’avoir des effets négatifs.

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  4. ifeelblue

    je me suis beaucoup reconnue dans ton article :) moi aussi je vis avec un omnivore, qui aime les petits plats végé que je lui prépare. Par la force des choses, il ne mange plus que rarement de la viande (on en parlait tout à l’heure d’ailleurs… peut-être 2/3 fois par mois) et ça ne le dérange absolument pas. Et quand il a envie de se faire un poulet rôti, j’en profite pour me faire un plat qu’il n’aimerait pas trop (genre avec du tofu, par exemple) et je ne lui prends pas la tête quand il mange son poulet. En un mot: respect. Et de façon réciproque ;)

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  5. Julie Roses

    C’est un très bel article et une très belle leçon de vie.
    J’accepte de moins en moins à manger de viande mais je ne suis pas végétarienne. Je trouve que tu réagis d’une manière très exemplaire! C’est super de lire un article comme le tien et cela prouve que l’on peut être végétarienne sans se faire juger et sans juger les autres non plus.
    Merci !

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  6. Marion

    C’est un très bel article! Je suis totalement d’accord sur le point de la tolérance: je n’ai aucun proche végéta*ien et je les renseigne volontiers lorsqu’ils ont des interrogations en tachant de ne pas juger ni tenter de les « convertir ». Je suis restée quatre ans avec un omnivore et ça se passait pareil à la maison: pas de viande/produits animaux dans le frigo, au restau chacun son assiette. Je trouve que c’est une très bonne manière de fonctionner, ça ne frustre personne (et puis chemin faisant, 4 ans plus tard il a fini par arrêter la viande également…).
    Le réveillon de Noël dernier a été complètement végétarien, essentiellement parce que c’est moi qui ait tout préparé, et ma famille s’est bien passée de fois gras en entrée car il y avait de quoi faire avec le reste. Par contre je ne peux pas non plus dire non si le gâteau de ma Mamie contient des oeufs. C’est bien de réussir à garder cet équilibre si ça te convient. C’est important d’être aussi tolérant avec soi-même! :)

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    1. Julie Auteur de l’article

      Même si j’accepte parfaitement que mon homme ne soit pas végé, j’avoue que le devenir serait le plus beau des cadeaux qu’il puisse me faire! Tu es chanceuse ;-)

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  7. Mély

    Je découvre ton blog par ce billet dans lequel je me reconnais totalement !
    Après être devenue flexitarienne, j’ai franchi le cap du végétarisme (avec une tendance au végétalisme aussi), et c’est vrai que ça n’est pas évident tous les jours. Autant les végéta*iens moralisateurs me gonflent, autant les gens qui me font la leçon parce que je vais être carencée si je continue, que l’homme est fait pour manger de la viande (et patati et patata) me gonflent encore plus. Être différent n’est pas toujours facile ^^ Heureusement, mon entourage proche l’accepte très bien et c’est ce qui compte le plus pour moi !
    PS : a prirori, on est de la même ville ;-)

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  8. Elodie

    Personnellement j’admire ta « tolérance » (même si je n’appelle pas ça de la tolérance en fait ^^), car moi je ne pourrais pas supporter un chéri non végé et je suis bien contente qu’il ait été convaincu lui aussi par ce qui m’a fait devenir végétarienne… je ne supporte pas la viande (l’odeur j’en parle pas, je ne pourrais pas sentir ce genre d’effluves chez moi) donc ce serait franchement pas possible, ma tolérance n’irait pas bien loin. Surtout avec tous les simili-carnés qui existent aujourd’hui, je comprends pas trop ce choix de toujours manger de la viande soit-disant parce qu’on ne peut « pas s’en passer ».

    Enfin ce n’est que mon avis ;)

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    1. Julie Auteur de l’article

      En réalité, ce n’est pas tellement une question de ne pas pouvoir s’ en passer. On en discute pas mal et il continue à manger de la viande tout simplement parce qu’il aime ça. Oui il existe moult alternatives simili carnées, mais soyons honnêtes, ça n’a absolument pas le même goût. J’avoue avoir du mal avec l’odeur mais je fais avec les 2 ou 3 jours où ça arrive dans le mois =)

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  9. ElodieR

    Je découvre ton blog depuis peu, et j’ai beaucoup aimé cet article. Je ne suis pas végétarienne mais je comprend tout à fait ta situation. Moi aussi je suis un peu dégoûtée par la folie du foie gras pour les fêtes. Je n’en mange pas. Cette façon dont les gens s’empiffrent à cette époque de l’année est même indécente. Evidemment quand une cause nous tient à cœur il est normal de vouloir y faire adhérer le plus de monde possible. On peut essayer, subtilement, mais on ne pourra jamais obliger.

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  10. Julie

    Je viens de lire ton article et je dois dire qu’il tombe très bien.
    Ce weekend, mon namoureux a regardé « le discours le plus important de votre vie ». Je l’ai senti touché d’un côté mais pas près à changer son mode d’alimentation de l’autre (même s’il mange de moins en moins de viande à la maison). En le voyant manger des toasts à base de viande dans un repas de famille, j’ai ressenti beaucoup de tristesse et de colère.
    Résultat, une soirée pourrie à ne faire que pleurer
    Ton article apporte du réconfort. Merci <3

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  11. Laulau

    Ton article est très beau je trouve et joliment écrit! :) Je ne suis ni végétalienne, ni végétarienne, du moins pas encore. J’y songe de plus en plus depuis que j’ai lu « L’enquête Campbell » mais j’ai tellement peur de la réaction de mon entourage… :-/ Surtout que chez moi ce sont de gros gros gros mangeur de viande…

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  12. AbyssalChaos

    Je lis tes articles depuis hier et celui ci a particulièrement résonné en moi, alors je commente même s’il est un peu vieux.

    C’est vraiment compliqué lorsqu’on est très sensible à la cause animale de concilier ses convictions et celles de son entourage. Je suis végétarienne, mais en réalité je mange végétalien 90% du temps. Le reste, c’est comme tu l’as dit, des repas préparés avec attention, en voulant vraiment te faire plaisir (« Comme je savais que tu venais manger, je t’ai fait un crumble chèvre-brocolis ! ») que je n’ai pas le cœur de refuser. Au début j’étais plus « stricte » avec moi même mais je n’ai pas les épaules pour vivre tout le temps dans le conflit avec les gens que j’aime.
    Ce régime me convient, chaque petit pas compte, et ce n’est d’ailleurs pas par le conflit qu’on arrivera à convaincre notre entourage du bien fondé de notre démarche.

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  13. aava

    tres bel article qui vient du coeur :)

    je suis vegetarienne quasi vegetalienne (je peux accepter de consommer des produits a base de lait de maniere occasionelle et quand je n ai pas trop le choix…raisons sociales/familliale) et j ai connu une relation vege/non vege. Cela etant nous avons fini par avoir une alimentation totalement différée, a savoir qu il refusait de manger mes plats et moi les siens. Bon cela etant nous avions des horaires tellement differentes que la plupart du temps nous mangions separement. Pour autant cela ne m a jamais derangé de le voir manger de la viande meme si au fil du temps je tentais de lui parler de son alimentation, de lui montrer qu il y avait autre chose de possible, et je me rendais bien compte qu en avoir dans mon frigo et d en sentir l odeur me donnait vraiment de plus en plus de mal.
    Ce n est evidemment pas ca qui nous a fait nous separer mais je considere maintenant que mes convictions sont suffisement fortes pour ne plus tolerer de viande chez moi. Apres je trouve ca important de respecter aussi notre sensibilité et de ne pas nous imposer de cotoyer de la viande dans notre quotidien. Le fait qu il en mange en dehors de la maison ne me derangerait pas cela etant ;) apres je serai peut etre plus ouverte selon l inteligence de la personne en face de moi ah ah (mais plus je reflechi plus je me dis que le critere vege risque de peser lourd dans le choix de mon futur cheri notamment pour la question de l alimentation de nos futurs bambins^^)
    La où c est le plus difficile pour moi ce sont les reunions de famille ou ma mere cuisine les bons petits plats carnés bien francais….souvent je me contente des garnitures mais c est vrai que c est dur de se sentir exclu du repas…et puis les reunions de famille sont aussi l occasion pour moi d etre le point de mire de tous les clichés possibles et immaginables et c est un peu lassant de toujours devoir se justifier, d expliquer en long et en large que NON les proteines ne sont pas que dans la viande et que NON on en mange beaucoup trop pour etre carancés en temps que vege! que oui le calcium aussi se trouve dans les legumes et que merci mais moi ca va justement! Interessez vous peut etre davantages à votre surconsommation de tous plutot qu a mes eventuelles « carences »…..
    enfin bon c etait mon petit enervement du jour ;)
    j espere que ton papa se remet bien, c est une epreuve difficile que de ne plus pouvoir faire le metier qu on aime!

    j aime beaucoup cette rubrique et j aime ton ouverture d espit! la « cause » vege a besoin de personne ouverte telle que toi pour faire passer des messages avec amour et patience (bon la je suis un peu lassée mais en vrai j aime toujours debattre avec les omni meme ceux tres fermés sur la question car j ai beaucoup d arguments a leur apporter meme si je deteste la posture qui consiste a opposer nos alimentations…..je prefere prouver qu on peut diminuer ses apports en viande, que l on peut instaurer des journees non carnées, que le vegetale est une alimentation santé sur le long terme etc!

    bonnes fetes en famille pour moi aussi ca va etre une sacrée epreuve!!

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  14. armarielle

    Cela fait quelques mois que j’ai eu le plaisir de découvrir ta superbe chaîne et me voilà ce soir en train de parcourir ton blog. J’ai commencé par tes chroniques et cela me parle beaucoup. Je réfléchissais au végétalisme depuis 3 ans, et je suis passée au végétalisme directement l’an dernier. Mon couple venait de se dissoudre, et j’avoue que c’est certainement la raison pour laquelle je n’osais pas passer au végétalisme avant. Ce n’est pas un problème de tolérance, mais j’avais la question des enfants en tête, et même si mon choix est personnel, j’ai du mal à imaginer que je n’élèverai pas mes futurs enfants dans le veganisme. Je n’osais pas démarrer car je savais que cela deviendrait forcément un rêve : une famille vegan. Mes proches me prennent pour une folle autoritaire qui va imposer ses choix à ses enfants. Je ne dis pas que je serai radicale et que je les couperai de tout, mais j’aimerais quand même les élever à la maison dans le respect des animaux et de notre planète. Moi je trouve ça terriblement ludique et joyeux au contraire. Je ne sais pas si tu y réfléchis également (je précise que mon ancien compagnon était contre le fait que je change moi toute seule d’alimentation, donc rien à voir bien sûr avec ta situation Julie, je trouve ça fabuleux de trouver un chéri qui respecte ce choix et partage certains repas végétaliens). Je trouverais cela tellement chouette que les enfants n’aient pas à commencer comme nous par se priver de choses qu’on leur a données dès leur enfance, mais qu’ils aient connu une toute autre cuisine dès leur plus jeune âge. Je suis clairement fleur bleue là, mais c’est aussi ça ce mode de vie, l’espoir du changement, de l’épanouissement, … Quant au goûter de mamie, la mienne me fait le même gâteau au chocolat à tous mes anniversaires depuis que je suis petite, et franchement, ça non, je ne pourrais pas refuser. Et parfois, c’est vicieux, parce que les gens à qui tu veux expliquer que tu es végétalienne, s’ils apprennent ce genre de « compromis », t’expliquent que tu ne l’es pas vraiment. Alors quoi ? Dire qu’on est simplement végétarienne ? Mais quand tu dis que tu es végétarienne, tu perds des occasions d’éviter de consommer du lait et des œufs à des occasions où cela aurait été très simple. Le problème de l’étiquette me pose aussi problème, parce que quand je fais ce genre de compromis, j’ai l’impression que je ne « mérite » pas le droit de dire que je suis végétalienne. C’est bête. Bises ! Et merci pour tes vidéos et articles créatifs et inspirants !

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    1. Julie Auteur de l’article

      Je pense que tu es loin d’imaginer à quel point la fin de ton commentaire raisonne en moi! C’est EXACTEMENT ce à quoi je suis confrontée au « quotidien ». Je suis quasi végétalienne puisque je ne consomme que très peu de produis laitiers / d’oeufs. Mais je me sens obligée de dire aux gens que je suis simplement végétaRienne car je crains que ces personnes ne me jugent au moindre « écart », par exemple si je mange une part de gâteau préparé par une amie. Et ça c’est très pénible. Le fait est que j’assume ces « écarts » mais je déteste le conflit alors je me résigne à ne pas le provoquer…

      En ce qui concerne le couple, j’avoue avoir conscience d’avoir de la chance que mon amoureux accepte pleinement mon végétalisme, même si au fond de moi j’aimerais beaucoup qu’il fasse de même un jour. Je pense malheureusement que ce ne sera jamais le cas mais je ne perds pas espoir! ^^ Le cas des enfants est particulièrement complexe et épineux… Nous ne sommes pas encore dans l’optique d’en avoir (surtout moi en réalité) Mais dans tous les cas, les élever dans le veganisme m’apparaît comme une évidence et j’espère me tromper mais je pense que cela pourra être source de conflit… Je préfère cependant ne pas trop y penser pour l’instant et reporter cette discussion avec l’amoureux à plus tard.

      Merci pour ton partage d’expérience et pour ta réflexion.

      A bientôt!

      Répondre
  15. Manini

    Bonjour Julie,
    Cette après-midi, disons le bien, j’ai pas envie de travailler.
    J’ai passé mon temps sur le net. En début d’après-midi, j’avais envie de voir quelques vidéos apaisantes et je me suis ruée sur ta chaine.
    J’ai profité de vidéos plus anciennes, dont je n’avais pas encor profité. (Végétarienne depuis un an et végane depuis décembre seulement). Alors je te découvre au fur et à mesure.
    Et là, je me suis demandée si tu avais eu des réflexions sur tes choix alimentaires sur ton blog.
    Je suis tombée sur tes chroniques.
    C’est très délibéré, et touchant.
    Ce qui est drôle, c’est le mimétisme de nos situations. Aux gros détails prés que j’ai 10 ans de plus que toi.
    Mon papa est un ancien boucher-charcutier. Il a même travaillé dans les abattoirs.
    Mon beau-père est issu d’une grande famille de bouchers lyonnais.
    Mon amoureux est omni.
    Pas facile l’amour.
    Parfois, je me dis que je ne serai finalement peut-être jamais une végane accomplie, parce qu’il y aura toujours du fromage dans mon frigo.
    Mais finalement, si on l’est dans son cœur et ses propres actes, c’est déjà peut-être pas si mal….

    Ce que je vis le plus mal, c’est la sensations d’impuissance, qui m’assaille parfois.
    Tu sais quand tu regardes un veau dans une prairie, et que tu peux pas t’empêcher de penser qu’il va finir en saucisson. J’aimerai le sauver, mais je vis dans un appartement. Parfois je rêve de stopper toutes les bétaillères en route vers les abattoirs. Et puis, je réalise que je ne peux pas.
    Ce sentiment provoque beaucoup d’abattement.
    Je suis d’un naturel positive, ou du moins, j’y travaille.
    Mais là, j’avoue que j’ai du mal quand je pars dans mes délires de révolution infaisable.

    Tu as ce genre d’idées aussi toi? Est-ce que cela passe un peu avec le temps?

    Belle fin de journée.
    Nini

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  16. La belette en poudre

    Ah enfin je me sens comprise ! Je suis comme toi, j’ai des convictions mais je ne suis ni sectaire ni extrémiste. Et c’est parfois un peu pénible d’être à la fois interrogée comme au temps de l’Inquisition par les omnivores, tout en ayant des reproches de la part des végés de ne pas l’être assez à leur goût… L’alimentation, c’est personnel, et ça doit le rester ! ;-)

    P.-S. : rendre la pareille, et non l’appareil… ;-)

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  17. Colette

    Je découvre tes articles au fur et à mesure (tout comme tes vidéos) et me voilà tombée sur celui-ci aujourd’hui.
    Je vis également avec un chéri omnivore, qui n’est pas dérangé par un repas végétarien et maintenant végétalien, mais qui continu à manger de la viande, des oeufs, des produits laitiers. Nous arrivons à nous retrouver autour d’un repas, avec ou sans différence. Il respecte totalement mon choix, il m’a connu végétarienne et me vois me diriger vers le végétalisme sans trop de problème (même s’il s’aperçoit au fur et à mesure que c’est un peu plus « restrictif » que le végétarisme).
    J’ai également le respect de mes proches d’une manière générale, ce qui est en effet une grande chance !

    J’aime beaucoup ce que tu dis dans cet article, je trouve cela très « vrai », en tous les cas cela me parle énormément. Je ne suis pas militante, mais j’ai mes convictions, je suis ouverte et tolérante, même si comme toi ce n’est pas toujours facile à vivre. Je n’engage pas le sujet de moi-même, mais ne refuse jamais d’en parler si quelqu’un me pose une question sur mon choix (si cette personne reste ouverte à la discussion bien sûr, pas envie de dépenser mon énergie pour rien, merci).

    Donc merci beaucoup pour tes mots qui me font du bien, surtout en ce moment !

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