BILAN LECTURE #9

Heyyy, dernier bilan avant… LES LECTURES D’HIVER! Gniii! Pour cette année, j’ai vraiment envie de me concocter une pile à lire de saison, avec des livres qui sentent Noël, le sapin, la neige (comment ça la neige n’a pas d’odeur? Bien sûr que si voyons) ;-) Pour la première fois, je participe au Cold Winter Challenge et ça me met complètement en joie. Comme quoi, il en faut peu pour être heureux. Mais qu’est-ce donc que ce challenge? Margaud explique tout ça mieux que moi dans cette vidéo.

En attendant, place à mes avis sur quatre livres lus ces dernières semaines.

Une saison à la petite boulangerie de JENNY COLGAN 

★★★☆☆

ATTENTION SPOILER – Si vous n’avez pas lu le tome 1, il serait préférable de ne pas lire le résumé.

Résumé – Tout semble aller pour le mieux pour Polly : sa petite boulangerie rencontre un beau succès et elle a trouvé un nid douillet assez atypique qu’elle partage avec son amoureux, Huckle. Mais entre le départ précipité de ce dernier à l’étranger et l’arrivée du nouveau propriétaire de la boulangerie qui a des « projets » pour le fonds de commerce, ce bonheur d’apparence bien installé semble fragile.

Mon avis – Après mon coup de coeur pour le premier roman (La petite boulangerie du bout du monde) j’avais hâte de retrouver les aventures de Polly. Mais au fil des chapitres, la déception est assez rapidement apparue. Où est donc passée la fraîcheur du premier tome?! J’ai trouvé certains passages longuets au possible et, surtout, Polly m’a particulièrement agacée. J’avais vraiment envie de la secouer à certains moments, et de lui dire « mais bouge toi au lieu de t’apitoyer sur ton sort! » Je n’ai pas reconnu la Polly joviale et « conquérante » du premier tome, quel dommage!

J’ai également eu du mal avec la dimension « catastrophe » juste avant la fin. Elle n’était pas vraiment nécessaire à mon sens et n’ajoute rien d’intéressant.

J’ai malgré tout été contente de retrouver l’ambiance de Mount Polbearn et ses habitants. Ce petit bout de terre m’apparaît comme un endroit si paisible et convivial. Et puis j’étais évidemment ravie de retrouver Neil, le petit macareux si attachant. Enfin, j’avoue que le nouveau logement particulièrement atypique de Polly m’a mis des étoiles plein les yeux ;-)

Pour être honnête, je me demande si cette suite était réellement nécessaire tant l’histoire a perdu de sa fraîcheur…

Une apparition de SOPHIE FONTANEL

★★★★★

Résumé – À 53 ans, Sophie Fontanel a décidé d’arrêter de se teindre les cheveux. Dans une sorte de « journal romancé », elle nous raconte cette expérience et ce qu’il en ressort. Car oui, il s’agit bien d’une expérience de vie, à la façon d’une renaissance.

Mon avis – J’avais déjà eu l’occasion de tomber sur quelques photos de Sophie sur instagram, notamment grâce à Delphine qui a elle aussi décidé d’arrêter les teintures. Je la trouvais si belle, si courageuse, que j’avais hâte de lire son livre. À la façon d’un journal intime romancé, Sophie nous raconte comment elle est passée du brun au blanc, de ses cheveux teints à ses cheveux au naturel. Le titre du livre est merveilleusement bien choisi car on est finalement loin d’une simple histoire capillaire.

Arrêter de se teindre les cheveux, c’est renaître. Et dire merde à tous ces préjugés sur les femmes qui vieillissent. Bon sang, on l’a donc toute notre vie sur le dos cette foutue pression sociale! Les jeunes femmes se doivent d’être actives, motivées, et concilier sans broncher boulot, sport, hobbies, vie sociale, enfants (oui parce qu’il faut qu’elles aient des enfants hein, ahem). Et les femmes qui vieillissent se doivent de masquer les traces du temps comme il se doit, notamment à coup de teinture sur les cheveux, parce que c’est « sale » et « moche » de vieillir.

Bien que je ne sois pas directement concernée par le sujet des cheveux blancs – pas encore du moins -, je le trouve particulièrement intéressant. Et le livre de Sophie est une merveille de libération en la matière. Je l’ai trouvé si juste en tous points. Oui arrêter de se teindre les cheveux est un acte héroïque. C’est envoyer valser une pression sociale que l’on nous inflige depuis notre plus jeune âge. Avez-vous vu le nombre de pub pour les colorants? Et pire encore, la taille du rayon en magasin? C’est simplement ahurissant. Quant-à la fameuse phrase « les hommes n’aiment pas les cheveux blancs »… Bon dieu a-t-on besoin de plaire aux hommes?! Du moins à tous les hommes?!

Pour autant, il y a autre chose que j’ai aimé dans ce livre : à aucun moment Sophie ne juge ou ne pointe du doigt les femmes qui ne parviennent pas à arrêter les teintures. Il ne s’agit pas ici d’un discours anti-colorations et d’apologie du naturel à tout prix, mais plutôt d’une expérience, relatée avec douceur, intelligence et bienveillance.

Bref, acceptons de vieillir, c’est si beau. Arrêtons de vouloir effacer à tout prix les traces du temps, elles marquent toutes ces choses qu’on a vécues, accomplies ;-)

Mais alors pourquoi une étoile en moins? Simplement parce qu’il y a quelques passages un peu « bling bling / jet set » qui n’étaient pas vraiment nécessaires à mon sens et qui entaillent un peu la proximité avec le lecteur.

Le grand marin de CATHERINE POULAIN 

★★★☆☆

Résumé – Lili Colt, fuyant le confort d’une famille française, décide d’embarquer sur un bateau de pêche en Alaska. Dormir à même le pont dans un froid glacial, avec les blessures, le sel qui ronge la peau, la fatigue… Partager la vie d’hommes rudes et devoir les suivre dans les bars et hôtels miteux une fois à terre… Cette aventure, certes brutale, l’amènera aussi à tomber amoureuse du « grand marin ». Lili devra alors faire un choix entre cet amour et sa soif de liberté.

Mon avis – Que de sentiments ambivalents avec ce roman teinté d’autobiographie. Je l’ai aimé autant que je l’ai détesté (ou presque). Commençons par le « positif ». L’écriture de Catherine Poulain est véritablement singulière et donne énormément de charme et de mordant à ce roman. Sa plume est rude, sèche et fouette le lecteur aussi fort que les vagues qui viennent s’éclater contre la coque des bateaux de pêche partis en mer. Elle nous entraîne, nous happe : hameçonnés nous sommes!

Et puis il y a Lili, ce personnage féminin ô combien riche et complexe. À la fois si frêle, sensible, et si forte. On l’admire autant qu’on a envie de la prendre sous notre aile. Mais que cherche t-elle au juste parmi ces hommes rudes, à faire un travail éreintant dans des conditions parfois extrêmes? À aller au bout d’elle-même? À s’approcher au plus près de la mort? J’ai ressenti tant de sentiments confus à son égard…

Je l’ai aimée, mais je l’ai aussi presque détestée cette Lili. Du moins, par le biais de ses gestes. Meurtriers les gestes. Pour l’hypersensible que je suis, en particulier lorsqu’il s’agit de la cause animale, certains passages m’ont été quasi-insupportables. Poissons éventrés mais sursautant encore, étoiles de mer balancées de rage contre les murs… Ce roman sent les embruns et la mer, certes, mais il sent aussi le sang.

Et puis finalement, sur la fin, j’ai eu l’impression d’avoir tourné en rond. Bateau, bar, motel. Bateau, bar, motel. Les beuveries succèdent au travail acharné en pleine mer. Et puis on prend les mêmes et on recommence. Je n’ai pas non plus trouvé que l’histoire d’amour avec « le grand marin » avait une réelle plus-value… Mi-figue mi-raisin en somme.

Seulement si tu en as envie de BRUNO COMBES 

★★★★☆

Résumé – Camille, épouse et maman de deux enfants, est une avocate brillante à l’avenir tracé. Elle travaille avec son mari, avocat lui aussi, et issu d’une famille bourgeoise. Un jour, Stephen, son amour d’adolescence devenu bouquiniste entre Londres et Paris, reprend contact avec elle.

Mon avis – Je l’avoue volontiers, j’ai presqu’un peu « honte » d’avoir aimé ce roman. Dévoré en une nuit, je me suis laissée emporter par la plume de Bruno Combes qui, bien qu’elle n’ait rien d’absolument exceptionnel, a le mérite d’être propre et fluide. Les chapitres sont courts, ils s’enchaînent facilement, et j’avais très très envie de connaître le fin mot de cette histoire d’amour.

Une histoire d’amour très fortement parfumée à l’eau de rose. C’est trop beau, trop lisse, trop écrit. L’histoire est parfaitement ficelée en reprenant tous les clichés bien connus : le mari avare d’attention et de tendresse envers sa femme, la belle-famille bourgeoise pour qui les bonnes manières sont primordiales, et puis cet amour qui résiste au temps…

C’est un livre qui permet simplement de s’évader un petit moment. Rien qu’un petit moment. Dans lequel tout-est-beau-tout-est-rose. Bien que trop lisse, l’histoire n’en est pas moins belle. D’autant qu’il ne s’agit pas ici d’une romance « sauvage », teintée d’adultère. Non, il est question ici de la puissance de l’amour et des choix qui en découlent et qui peuvent bouleverser une vie.

Parfait pour une lecture « non prise de tête », seulement si vous en avez envie ;-)

→ Avez-vous lu ces livres? Qu’en avez-vous pensé?

10 petits mots

  1. Domitille

    Coucou Julie ! Un troisième tome vient de sortir pour les aventures de Polly. Il s’appelle »Noël à la petite boulangerie ». La couverture est sublime, j’attends de voir le contenu bises

    Répondre
  2. Stéphanie SCHMITT

    Bonjour Julie ! Moi aussi je participe pour la première fois au cold winter challenge (je suis en train de construire ma PAL !). C’est d’ailleurs toi qui m’a fait découvrir les videos et le blog de Margaux : merci !
    Le livre de Sophie Fontanel me donne envie. J’ai une prédilection pour les romans autobiographiques. Et je suis en plein questionnement sur le fait de continuer à me colorer les cheveux. Mais je n’ai pas encore réussi à franchir le cap. Cela va tellement bien à Delphine !
    Bisous

    Répondre
    1. Julie Auteur de l’article

      Ce roman est tout sauf culpabilisant je trouve, et ne « stigmatise » pas – justement – les femmes qui continuent de se colorer les cheveux. Je te le conseille vraiment =)

      Répondre
  3. Lucie

    Coucou Julie,

    J’avais adoré « la petite boulangerie du bout du monde » et j’avais très envie de lire la suite, mais ton retour m’en dissuade un peu, j’ai peur d’être déçue du coup …
    Je ne connaissais pas le Cold Winter Challenge, mais je vais sûrement tenter l’aventure du coup :) Il ne me reste plus qu’à élaborer ma PAL. Merci pour la découverte !

    Répondre
  4. Veronique

    Comme toi, j’avais tellement adoré « la petite boulangerie » que j’ai acheté la suite par automatisme … et moi aussi j’ai été déçue : je me suis ennuyée en fait …
    Merci pour tes articles
    Bises

    Répondre
  5. Delphine

    Mêmes impressions que toi sur Le Grand Marin. Que cherche Lili dans ce milieu d’hommes, l’aventure, la fraternité, la violence, l’amitié, l’amour ? On se sent ballotter dans une vieille barque au milieu d’un lac. Dommage parce que les détails minutieux sur le fonctionnement d’un bateau de pêche sont très riches et intéressants.

    Répondre
  6. Roanne

    Je note « Une apparition », il pourrait être sympa (de mon côté, je ne me teinte pas les cheveux et assume les réfractaires, cependant j’ai conscience de l’énorme pression autour de ça, d’ailleurs plus souvent du fait des femmes de notre entourage que des hommes, à mon avis ; ça m’intéresserait de lire le cheminement de la narratrice – même s’il est évident que le milieu social joue beaucoup et que nous ne naviguons pas dans les mêmes eaux, vu tes remarques sur le bling bling).

    Répondre

Laisser un petit mot

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *